La notion d’Histoire « commune » est de nouveau d’actualité. Peut-on écrire une Histoire commune à deux pays ? La France et le Bénin peuvent-ils écrire une histoire commune ? La France et l’Allemagne peuvent-elles écrire une histoire commune ? La question reste ouverte. En attendant, je propose de mettre en avant le dernier roi du Dahomey. En espérant que le choix de mes mots et de mes expressions sera sans parti pris. Peut être le début d’une histoire commune !
Dernier roi du royaume de Dahomey qui s'étendait, à son apogée au XIXe siècle, sur les quatre cinquièmes du territoire de l'actuelle République du Bénin. Behanzin est couronné le 6 janvier 1890, après la mort de son père, le roi Da-Da Glélé Kini-Kini, le 30 décembre 1889, après 40 ans de règne.
Dans ce pays, comme en Afrique et dans le monde, ce roi fait l'unanimité. L'Histoire nous donne raison, le roi Béhanzin est un héros. Un héros béninois et africain. « Le nom dont il s'était baptisé en accédant au trône se décline en une phrase entière et souligne une conscience claire de la dimension politique, géopolitique et manifestement historique de son avènement.
Gbê hin azin é ayi jroè…. Le monde tient l'œuf que la terre désire. »
Aujourd'hui, on l'appellerait simplement Désiré. Mais les noms dans les cultures africaines ont une profondeur et une richesse sémantique. Le nom est fondateur ; c'est une parole-programme. C'est une sorte d'ADN moral de l'individu ou de la famille.
Son règne a marqué l'Histoire par la courageuse et célèbre résistance qu'il a menée de mains de maître à la tête de son armée et de ses amazones contre la colonisation de son pays. L’objectif était de sauvegarder l'unité de son pays et d’éviter la destruction de l'héritage que lui avaient légué ses aïeux. Il est resté jusqu’au bout fidèle à l’idéal de son combat et n'a jamais signé aucune soumission de son pays. En 1894, le roi Béhanzin fut déporté en exil à la Martinique et ensuite à Blida en Algérie où il décède à Alger le 10 décembre 1906.
Durant sa guerre de résistance contre le colonisateur français, des otages sont pris à Ouidah et conduits à Abomey. L'un d'eux décrit ainsi Béhanzin : « Il a quarante ans environ, c'est un nègre admirable, bien pris quoique de taille moyenne. La figure est ouverte, intelligente, le regard franc et droit. »

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