dimanche 28 août 2016

Un hommes pas comme les autre


Martin Luther-King
Né à Atlanta le 15/01/1929 ; Mort à Memphis le 04/04/1968
Militant non-violent pour les droits civiques des noirs, Martin Luther King a joué un rôle majeur pour l’émancipation des Afro-américains et la prise de conscience de l’injustice de la ségrégation aux Etats-Unis« I have a Dream », titre de son discours appelant à la fraternité entre noirs et blancs, est devenu un véritablehymne à la solidarité et à l’espoir d’entente entre toutes les communautés. 

Une enfance brillante et aisée


Né à Atlanta dans une famille de pasteurs, Martin Luther King bénéficie d’un statut social plus aisé que la majorité de ses concitoyens afro-américains. Bien qu’il soit au départ peu enthousiaste pour cette voie, ce jeune étudiant brillant obtient une licence de théologie en Pennsylvanie, suivant ainsi les traces de son grand-père et son père. Après s’être marié à la pédagogue et chanteuse Coretta Scott en juin 1953, il devient en 1954 pasteur dans une église baptiste de Montgomery, dans l’Alabama. 

L’épisode Rosa Parks et le boycott des bus de Montgomery

 
Le 1er décembre 1955, Rosa Parks refuse de céder sa place à un blanc dans un autobus de Montgomery et se fait interpeller par la police. L’interdiction faite aux noirs d’étudier dans les mêmes écoles que les blancs a été jugée inconstitutionnelle par la Cour Suprême en 1954, mais dans de nombreux domaines, la ségrégation reste la règle. 

C’est pour refuser cet état de fait que les personnalités noires de Montgomery lancent un appel au boycott de la compagnie de bus de la ville. Le soir même de ce premier jour d’action, une organisation est créée et Martin Luther King est élu à sa tête. Pendant presque un an, le boycott se poursuivra malgré les tentatives d’intimidation concentrées sur Luther King : attentat contre son domicile, emprisonnement. Enfin, la Cour Suprême donne tort à la compagnie de bus. 

Le leader de la lutte non-violente


Fort de cette victoire au retentissement national, Luther King participe avec une dizaine de personnalités noires du sud des Etats-Unis à la fondation d’une organisation nationale : le SCLC (conférence des leaders chrétiens du sud). Elu à la présidence, il décide d’étendre à l’ensemble du pays sa lutte non-violente pour les droits civiques des noirs. Luther King, en admirateur de Gandhi, revendique l’influence de l’Indien sur sa pensée et voyage en 1958 sur ces traces où il rencontre Nehru. Par ailleurs, les actions se multiplient dans les Etats-Unis : mouvement étudiant en 1960, campagne de Birmingham en 1963… Il rencontre également des personnalités éminentes tel que le président Eisenhower

Mais Luther King doit aussi subir les attaques de ses adversaires. En l'espace de cinq ans, il doit faire face à une accusation de fraude fiscale, à un passage à tabac par la police, à une tentative d’assassinat mais aussi à plusieurs séjours derrière les barreaux. Mais face à la prison, il reçoit le soutien de grandes personnalités politiques : ainsi Kennedy intervient en faveur de sa libération en 1963.  

« I have a dream » et le prix Nobel


Le 28 août 1963, Luther King est à la tête de la marche sur Washington pour le travail et la liberté. Devant  250 000 personnes, il prononce son célèbre discours connu sous le nom « I have a dream » (« Je fais un rêve »). Il appelle de ses vœux un pays où chacun partagerait les mêmes droits dans la justice et la paix. Il sera ensuite reçu par John Fitzgerald Kennedy. En 1964, il reçoit le prix Nobel de la paix  après avoir rencontré Willy Brandt et le Pape Paul VI. Il est alors une figure mondiale. 

Une influence déclinante


Pourtant, son influence tend à diminuer au sein de la communauté afro-américaine. Originaire du sud des Etats-Unis, il a toujours lutté pour l'égalité,  la reconnaissance et l'intégration d’une communauté issue de l'esclavage et plutôt rurale. Mais les idées plus radicales et plus violentes de Malcom X gagnent. Le rejet de la communauté noire a désormais un nouveau visage : les banlieues extrêmement pauvres et violentes des grandes villes. Et l’assassinat de Kennedy, perçu comme un défenseur des noirs, donne peu de place à l’espoir. Ainsi Luther King paraît quelque peu en retrait et impuissant face aux émeutes de Watt à Los Angeles. Toutefois, il est aux cotés du président Johnson en 1965 lorsque celui-ci signe le « Voting Rights Act » qui garantit l’égalité civique.

Face à de tels constats, il s’engage contre la guerre du Vietnam mais surtout il cherche à lutter contre la misère, nouveau moyen indirect de ségrégation qui touche durement les Afro-américains. Alors qu’il prépare une nouvelle marche contre la pauvreté, il est assassiné sur le balcon de sa chambre d’hôtel à Memphis le 4 avril 1968.  

Si sa mort prématurée l'a empêché d'agir contre la pauvreté, ses méthodes non-violentes ont certainement été fondamentales pour l’accomplissement de l’égalité des droits tout en évitant de plonger le pays dans une guerre civile ou communautaire. Ayant toujours refusé de céder à la tentation de la violence, Martin Luther King s’est imposé au même titre que Gandhi comme le symbole d’une lutte qui ne laisse pas la place aux armes. Ainsi, et malgré le déclin de son influence sur les dernières années de sa vie, 100 000 personnes lui rendent hommage lors de ses funérailles à Atlanta.

lundi 22 août 2016

entrer dans le pc de quelqu'un d'autre

le dahomey

le roi behanzin




Je viens de me rendre compte que le site djime.com qui était entièrement dedié au roi Béhanzin, n’est plus actif. J’ai donc decidé de poster ici, la version francaise, l’originale du discours d’adieu du roi Behanzin. J’avais deja traduit dans son intégralité ce discours du roi Behanzin en anglaisThe English version here
« Compagnons d’infortune, derniers amis fidèles, vous savez dans quelles circonstances, lorsque les Français voulurent accaparer la terre de nos aïeux, nous avons décidé de lutter.
Nous avions alors la certitude de conduire notre armée à la victoire. Quand mes guerriers se levèrent par millier pour défendre le Danhomè et son roi, j’ai reconnu avec fierté la même bravoure que manifestaient ceux d’Agadja,de Tegbessoude Ghézo et de GléléDans toutes les batailles j’étais à leurs côtés.
Malgré la justesse de notre cause, et notre vaillance, nos troupes compactes furent décimées en un instant. Elles n’ont pu défaire les ennemis blancs dont nous louons aussi le courage et la discipline. Et déjà ma voix éplorée n’éveille plus d’écho.
Où sont maintenant les ardentes amazones qu’enflammait une sainte colère ? Où, leurs chefs indomptables : GoudémèYéwê,Kétungan ? Où, leurs robustes capitaines : Godogbé,ChachabloukouGodjila ? Qui chantera leurs splendides sacrifices ? Qui dira leur générosité ?
Puisqu’ils ont scellé de leur sang le pacte de la suprême fidélité, comment accepterais-je sans eux une quelconque abdication ?Comment oserais-je me présenter devant vous, braves guerriers, si je signais le papier du Général ?
Non ! A mon destin je ne tournerai plus le dos. Je ferai face et je marcherai. Car la plus belle victoire ne se remporte pas sur une armée ennemie ou des adversaires condamnés au silence du cachot. Est vraiment victorieux, l’homme resté seul et qui continue de lutter dans son cœur. Je ne veux pas qu’aux portes du pays des morts le douanier trouve des souillures à mes pieds. Quand je vous reverrai, je veux que mon ventre s’ouvre à la joie. Maintenant advienne de moi ce qui plaira à Dieu ! Qui suis-je pour que ma disparition soit une lacune sur la terre ?
Partez vous aussi, derniers compagnons vivants. Rejoignez Abomey où les nouveaux maîtres promettent une douce alliance, la vie sauve et, paraît-il, la liberté. Là-bas, on dit que déjà renaît la joie. Là-bas, il paraît que les Blancs vous seront aussi favorables que la pluie qui drape les flamboyants de velours rouge ou le soleil qui dore la barbe soyeuse des épis.
Compagnons disparus, héros inconnus d’une tragique épopée, voici l’offrande du souvenir : un peu d’huile, un peu de farine et du sang de taureau. Voici le pacte renouvelé avant le grand départ.
Adieu, soldats, adieu !…



lundi 8 août 2016

le roi behanzin

La notion d’Histoire « commune » est de nouveau d’actualité. Peut-on écrire une Histoire commune à deux pays ? La France et le Bénin peuvent-ils écrire une histoire commune ? La France et l’Allemagne peuvent-elles écrire une histoire commune ? La question reste ouverte. En attendant, je propose de mettre en avant le dernier roi du Dahomey. En espérant que le choix de mes mots et de mes expressions sera sans parti pris. Peut être le début d’une histoire commune !
Dernier roi du royaume de Dahomey qui s'étendait, à son apogée au XIXe siècle, sur les quatre cinquièmes du territoire de l'actuelle République du Bénin. Behanzin  est couronné le 6 janvier 1890, après la mort de son père, le roi Da-Da Glélé Kini-Kini, le 30 décembre 1889, après 40 ans de règne.
Dans ce pays, comme en Afrique et dans le monde, ce roi fait l'unanimité. L'Histoire nous donne raison, le roi Béhanzin est un héros. Un héros béninois et africain. « Le nom dont il s'était baptisé en accédant au trône se décline en une phrase entière et souligne une conscience claire de la dimension politique, géopolitique et manifestement historique de son avènement.
Gbê hin azin é ayi jroè…. Le monde tient l'œuf que la terre désire. »
Aujourd'hui, on l'appellerait simplement Désiré. Mais les noms dans les cultures africaines ont une profondeur et une richesse sémantique. Le nom est fondateur ; c'est une parole-programme. C'est une sorte d'ADN moral de l'individu ou de la famille.
Son règne a marqué l'Histoire par la courageuse et célèbre résistance qu'il a menée de mains de maître à la tête de son armée et de ses amazones contre la colonisation de son pays. L’objectif était de sauvegarder l'unité de son pays et d’éviter la destruction de l'héritage que lui avaient légué ses aïeux. Il est resté jusqu’au bout fidèle à l’idéal de son combat et n'a jamais signé aucune soumission de son pays. En 1894, le roi Béhanzin fut déporté en exil à la Martinique et ensuite à Blida en Algérie où il décède à Alger le 10 décembre 1906.
Durant sa guerre de résistance contre le colonisateur français, des otages sont pris à Ouidah et conduits à Abomey. L'un d'eux décrit ainsi Béhanzin : « Il a quarante ans environ, c'est un nègre admirable, bien pris quoique de taille moyenne. La figure est ouverte, intelligente, le regard franc et droit. »